Un carnaval jazzy pour enfants à l’Auditorium de Lyon

Les comptes-rendus de concerts continuent à l’Auditorium de Lyon, où la saison jeunesse est loin d’être terminée, avec pas moins de quatre concerts à venir. Cette fois nous avons assisté au concert tant attendu du Carnaval Jazz des Animaux le week-end du 25 février. Un moment exceptionnel pour nos petites oreilles de sept ans, où les enfants ont pu découvrir le jazz sous toutes ses formes.

Carnaval jazz des animauxL’Aîné commence à avoir ses petites habitudes à l’Auditorium de Lyon, puisque nous avons déjà pu venir y écouter Pierre et le loup, l’Oiseau de Feu et le ciné-concert de Collège, de Buster Keaton. Pour l’occasion, nous emmenons la Copine – c’est son cadeau d’anniversaire pour ses 7 ans et son premier spectacle à l’Auditorium de Lyon. Quant à l’Aîné, il fait le fier en racontant TOUT ce qu’il est déjà venu voir dans cette salle !

Nous assistons pour la première fois aux « Propos d’avant-concert », destinés à expliquer au public l’œuvre qu’il va écouter. Une heure avant la représentation, Jean-Paul Boutellier et le tromboniste Bastien Ballaz présentent l’œuvre originale et l’œuvre adaptée au jeune public. Des propos intéressants qui préparent aussi les parents à accompagner les enfants dans l’écoute. Enfin, vient le temps de « l’ascension » vers le 1er balcon, et pour la Copine de la découverte de la salle.

Jeux de scène percutants et narration dynamique

Le silence se fait et la scène est plongée dans le noir. Et si le récitant Sébastien Denigues s’installe calmement dans un sofa, l’orchestre fait lui une apparition tonitruante. Le concert commence !

Sur scène, un gros fauteuil donc, à droite de l’orchestre, face aux percussions, et c’est tout. La scénographie est sobre. Les jeux de lumières le sont aussi, mais participent à recréer l’histoire, par exemple en faisant apparaitre un carré d’herbe où retombe durement le récitant, quand le loup est rejeté par l’éléphante.

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La Copine

 

« J’ai aimé le passage avec l’éléphant, quand le monsieur imitait l’éléphant avec son instrument : le tuba, qui ressemblait à sa trompe et ses pas lourds. »

C’est un plaisir de voir l’orchestre sur scène car une vraie complicité relie les musiciens ! Ils ont réussi le pari d’une mise en scène simple mais assez dynamique. Ainsi, le tableau de l’hémione a marqué tous les esprits, grâce à un cri de surprise – « Un quoi ? » – poussé par tout l’orchestre, avant que l’instrumentiste soliste interprète de l’équidé ne parte en courant, pourchassé par le récitant ! Par la suite nous assistons à un combat de kangourous parmi les trompettistes… vraiment !

Ces jeux de scène sont suffisants pour attirer l’attention des enfants vers les instrumentistes et les faire rire à plusieurs moments durant l’heure de spectacle. La réussite est qu’ils ne sont pas trop envahissants et ne prennent pas le pas sur la musique.

Improvisations et virtuosité

Et côté musique donc, nos oreilles sont servies. Les enfants apprécient le concert et applaudissent avec toute la salle à la fin de chaque improvisation. Celles-ci font pour moi tout l’intérêt du spectacle, puisqu’elles différencient celui-ci de la version enregistrée que j’ai entendue très souvent ces derniers mois !

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L’Aîné

 

« J’ai beaucoup aimé les plumes, le joueur de l’hémione qui s’enfuit, c’était très drôle. »

L’excellence musicale de l’Amazing Keystone Big Band est bien démontrée par la précision de l’exécution de l’œuvre, la qualité des improvisations, la facilité avec laquelle certains passent d’un instrument à l’autre, tandis que les quatre chefs d’orchestre se passent discrètement la direction de l’ensemble.

La représentation s’achève sur un départ en fanfare dans la salle sous les acclamations méritées du public !

L’auditoire a apprécié de découvrir, en bonus, un extrait du futur spectacle du big band, autour de Django Reinhardt et je suis sortie bien décidée à surveiller leurs dates de concert dans ma région. Quant aux enfants, ils sont très heureux de cette sortie, de la mise en scène, d’avoir bien ri aux imitations animales, et sont bien décidés à revenir !

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Kodaly et Cookies, un après-midi tzigane pour les enfants

kodaly et cookiesLe prochain concert de la Pochette Musicale emmènera petits et grands en Hongrie au son du violon et du violoncelle. Avec au programme des contes, des cookies et un concours de dessin pour les petites mains.

Un goûter au son des cordes

Le titre du concert de mars de la Pochette Musicale est plein de promesses. C’est une sorte de mystère gourmand, qui associe le nom d’un compositeur hongrois que, je l’avoue sans honte, je ne connaissais pas, aux incontournables compagnons du goûter. Derrière ce titre alléchant, on trouve un programme particulièrement riche, qui associe les quatre mouvements du duo pour violon et violoncelle de Zoltan Kodaly à quatre contes hongrois. Les cookies arriveront juste à temps pour rassasier les petits ventres à l’heure du goûter. Comme d’habitude avec la Pochette Musicale, le concert se déroulera dans une atmosphère détendue et dans des conditions d’écoute adaptées aux plus petits, comme nous avons pu le constater lors du concert Les Bruits de Paris. L’intérêt est qu’on peut y emmener les plus jeunes, dès 3 ou 4 ans, en compagnie des plus grands, et chacun en profitera à sa mesure. Pour ces derniers, l’association organise même un atelier gratuit à partir de 7 ans juste avant le concert. Une occasion privilégiée de découvrir un instrument et un univers, à ne surtout pas rater si vous avez un peu de temps ce samedi.

Dessiner c’est gagner

Et pour gagner des places pour le concert, la Pochette Musicale lance un concours de dessin sur le thème des contes hongrois. Le sujet ? La grenouille, le corbeau, le berger aux yeux d’étoiles, la princesse et le roi ou le couple d’amoureux. Le dessin est à envoyer avant le 15 mars à contact.smop@gmail.com

Kodaly et cookies, un voyage hongrois
Samedi 18 mars, 16h.
Atelier de découverte du violon à 14h30
Centre Anim’ Tour des Dames, 18 rue de la Tour des Dames, Paris 9
12/10 €, gratuit en-dessous de 3 ans
Réserver sur le site de la Pochette Musicale

 

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Spectacle famille au Pays des Merveilles : D’une Alice à l’autre

D’une Alice à l’autre est un spectacle à la croisée du théâtre et de la musique, une comédie musicale, puisque le terme est à la mode ! Les Petits Mélomanes ont eu la chance d’assister à la représentation du 26 février.

D'une Alice à l'autrePoussez la porte de la Comédie Nation. Là, dans ce théâtre de poche, prenez une heure et quelques pour vous évader dans le monde burlesque et un peu fou d’un certain Lewis Carroll. Attention il n’est pas question d’une sage pièce de théâtre mettant en scène les rêves bizarres d’une petite fille endormie au pied d’un arbre. A la croisée de la littérature, de la musique et des songes un peu fous, 5 musiciens réinterprètent le monde d’Alice à l’aune de leur propre inventivité.

Deux sopranos à la conquête du Pays des Merveilles

Une scie musicale, un accordéon et un piano… La compagnie Lemon Fracas a réuni pour son Alice des ingrédients inattendus et alléchants : Ravel, Poulenc, Bernstein, Debussy… mais aussi des compositeurs moins « classiques » comme William Bolcom et Kurt Weill. Le répertoire pioche à la fois dans la chanson francophone et anglophone, avec une variété de styles qui va de l’opéra pour enfants, L’Enfant et les sortilèges, aux chansons de cabaret en anglais. Le lien entre tout ça, ce sont les deux mezzo-sopranos Agathe de Courcy et Sarah Dupont d’Isigny. Si la première incarne Alice enfant durant presque toute la pièce, la seconde saute d’un rôle à l’autre, dont le mémorable chat du Cheshire. Les deux interprètes tirent ainsi le fil du spectacle par l’énergie de leur jeu, leur sens du burlesque et la présence forte de leurs voix. Dans la salle, une dizaine d’enfants suivent la pièce avec attention et rient comme seuls les enfants savent le faire.

Une Alice, des Alice

D'une Alice à l'autreQuant à l’intrigue, le Grand (7 ans) m’a avoué à la fin, plutôt goguenard « J’ai bien aimé mais j’ai rien compris, on dirait qu’ils vont du passé à l’avenir ». En gros, c’est ça ! La pièce est construite sur des lettres de Carroll, celles notamment qu’il adresse des années plus tard à Alice Liddell Hargreaves, la petite fille qui a servi de modèle au personnage. Comme l’évoque le titre, Alice est multiple, entre la petite fille réelle, le personnage du roman et la femme adulte Mme Hargreaves. Même si le principe de base peut paraître un peu complexe, il est à la scène tout à fait clair, avec alternance entre la lecture des lettres et les scènes jouées et chantées par les interprètes. La différence est marquée simplement par la scénographie et est, comme j’ai pu le constater, compréhensible par les enfants. L’alternance est bien dosée, avec des passages épistolaires pas trop longs, tandis que le jeu des comédiennes fait le reste.

Rires et plaisir : les coïncidences du texte et de la musique

Alice au pays des merveilles est un livre où tout est permis : chenille fumant le narguilé, « potions » et « gâteaux » qui changent la perception du monde, chat souriant ou chapelier fou… Ainsi sur scène la folie douce est cohérente, la liberté de l’adaptation une évidence. Et adultes comme enfants se délectent des trouvailles de la compagnie, avec des croisements parfaits entre le roman et la musique. Je pense par exemple à ce moment hilarant où les problèmes de calcul d’Alice trouvent écho dans « Les Mathématiques » (Ravel), encore un moment plébiscité par le Grand. On se laissera porter par la fantaisie, on appréciera l’adaptation et les références, dans tous les cas chacun y trouvera son plaisir, ce qui fait du spectacle un vrai moment à partager en famille.

D’une Alice à l’autre, par la compagnie Lemon Fracas, mise en scène de Sigrid Carré-Lecoindre – A partir de 6 ans.

Mise à jour du 27 mars : six nouvelles représentations à La Comédie Nation :
Dimanche 2 avril 17h
– Mardi 4 avril 21h
– Mardi 18 avril 21h
Dimanche 23 avril 19h
– Mardi 2 mai 21h
– Mardi 9 mai 21h

Vous aurez la chance d’y croiser la directrice Pascaline Garnot, qui se fera un plaisir de réserver les premiers rangs aux enfants, c’est assez rare pour être signalé !

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C’est carnaval : Bulle et Bob se déguisent !

Bulle et bob se déguisentBulle et Bob se déguisent, c’est l’album du jour ! Natalie Tual, dont on a bien aimé écouter Les Petits Secrets,  a concocté un nouvel opus des aventures de Bulle et Bob qui va à merveille en cette journée de carnaval. Une fois de plus, elle y explore les sensations de l’enfance, entre chuchotements et nostalgie.

Bulle et Bob passent quelques jours de vacances chez leur grand-mère. L’occasion de jouer au grenier et d’ouvrir la malle aux déguisements qui recèle trésors et souvenirs. Une histoire toute simple pleine de délicatesse.

Des chansons colorées

Le récit, divisé en saynètes, est bien sûr ponctué de chansons. Courte, chacune porte une mélodie et une rythmique propre, même si on reste dans une tonalité générale, une couleur que l’on retrouve d’un album à l’autre. Les styles sont plutôt variés et les arrangements recherchés. Côté instruments, on adore la grosse voix chaude du tuba, et toujours le steeldrum et toutes les percussions dénichées par Gilles Beloin, co-compositeur et arrangeur. L’album est ainsi un joli outil d’éveil sonore dès deux ans, d’autant plus que l’histoire et les mots sont adaptés aux plus petits.

Ouvrir la malle aux souvenirs

On retrouve toujours la même douceur chez Natalie Tual. Pour parler de l’enfance aux enfants, elle emploie leurs mots. Des descriptions simples, des situations évocatrices et surtout des formulettes faciles à retenir. On aime les strophes qui se transforment presque en formule magique (« Dans la malle y’a  y’a y’a»), les répétitions, les jeux de sonorités.

Comme souvent avec Natalie Tual, la légèreté s’accompagne de tonalités mineures propices à la nostalgie, voire à la tristesse (« Mon papi »). Une histoire pleine de connivence, qui pourrait même rappeler quelques souvenirs aux parents…

Bulle et Bob se déguisent, de Nathalie Tual et Gilles Belouin, illustrations d’Ilya Green, éditions Didier Jeunesse.

Disponible en streaming (bien pratique, mais difficile à « vendre » aux petits sans le livre, à part peut-être en voiture !)

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Ciné-concert à l’Auditorium de Lyon : College, de Buster Keaton

College_Sportif par amour 4 (c) United Artists DRRetour sur le ciné-concert College des 18 et 19 janvier derniers. Le film de James W. Horne et Buster Keaton était accompagné en direct par l’Orchestre National de Lyon sous la direction de Timothy Brock, également compositeur de la partition. Un concert classique famille qui a eu lieu à l’Auditorium de Lyon, avec qui on vous le rappelle Les Petits Mélomanes sont en partenariat pour vous offrir des places enfants pour Le Carnaval jazz des animaux.

Buster Keaton, génie du burlesque du cinéma muet, signe en 1927 un de ses plus grands chefs-d’œuvre. Il y tient comme toujours le premier rôle : Le jour de la remise des diplômes de fin de cycle, le brillant lycéen Ronald critique ouvertement le sport dans son discours de remerciement. Mary, dont il est épris, refuse alors de lui parler tant qu’il ne change pas d’avis. Pour ne pas la perdre, il décide de rentrer dans la même université qu’elle et de devenir sportif… S’ensuit toute une série de situations burlesques sur les terrains de sport, les restaurants où Ronald cherche des petits boulots et à l’université, pour mieux faire la satire de ces campus américains où le sport règne en maître.

Une création musicale pour une version restaurée

College_Sportif par amour 3 (c) United Artists DRLe ciné concert présentait une version restaurée du film, accompagné sur scène par l’Orchestre national de Lyon sous la direction de Timothy Brock, Ce dernier est également le compositeur de la partition.
En effet, le chef d’orchestre excelle dans la musique du XXe siècle et la direction lors de ciné-concerts. Directeur musical du Chaplin Estate depuis 1999, il a restauré les partitions originales de Chaplin, notamment pour Le Kid, Les Temps modernes et La Ruée vers l’or. Il travaille également sur d’autres partitions de films muets, comme La Nouvelle Babylone de Chostakovitch, Entr’acte de Satie ou encore Ballet mécanique d’Antheil.
Timothy Brock compose par ailleurs des musiques originales pour des chefs-d’œuvre du cinéma muet privés d’accompagnement. Nous lui devons les partitions d’une trentaine de films, commandées par les instituts du cinéma et les orchestres internationaux, parmi lesquels la Cinémathèque française, le Konzerthaus de Vienne, la Cinémathèque de Bologne ou encore l’Orchestre de chambre de Los Angeles.
C’est ainsi que depuis 2003 il est invité chaque année par l’Orchestre National de Lyon.

Le ciné-concert, ou la communion de la musique et de l’image

Le pari n’était pas gagné d’avance pour susciter l’intérêt du jeune public, que ce soit sur le thème du film (le campus universitaire américain) ou les intertitres qui passaient un peu vite pour les jeunes lecteurs.
C’est à la 8e minute que tout bascule ! Les boutons de veston du héros sautent – parce que les vêtements, mouillés, sont en train de rétrécir sur lui. Les premiers rires fusent pour ne plus s’arrêter, et c’est une douce folie qui s’abat sur l’auditorium pour la petite heure restante !
Le public, jeune et moins jeune, ovationne l’orchestre et son chef pour cette très belle prestation. L’interprétation était excellente, et l’intensité du son dans l’auditorium donne au film une dimension sans pareil. Pour l’orchestre, toute la difficulté est de synchroniser la musique jouée en direct et la projection, particulièrement lorsqu’il y a des cascades !
Première réaction à la sortie : « C’était très rigolo ! ». C’est ce que les enfants retiendront certainement, guère conscients d’avoir assisté à une représentation inédite. Les adultes, qu’ils découvrent ou redécouvrent Buster Keaton, garderont la qualité de l’expérience, un spectacle total et intense sur le dialogue entre musique et image.

Sportif par amour (College) de Buster Keaton et James W. Horne, 1927, Etats-Unis,
avec Snitz Edwards, Buster Keaton et Harold Goodwin

Retrouvez tous les concerts pour enfants à l’Auditorium de Lyon ici, et n’oubliez pas, les 24 et 25 février, les enfants peuvent assister gratuitement au Carnaval Jazz des animaux.

 
Photos  : Prod DB © United Artists / DR
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