L’Oiseau de feu à l’Auditorium de Lyon

L'oiseau de feuDébut décembre, l’Aîné et moi avons repris le chemin de l’Auditorium pour un nouveau concert classique pour enfants. C’est cette fois le ballet d’Igor Stravinsky l’Oiseau de feu, version théâtre d’ombre, qui a été présenté aux jeunes lyonnais. Prochain rendez-vous le 18 janvier avec Buster Keaton.

Ce n’est plus une découverte : l’entrée « passage secret » nous est maintenant familière, j’ai repéré les vestiaires (chouette, ils prennent les trottinettes !) et nous faisons valider nos tickets en quelques minutes. J’ai pris cette fois des places à l’orchestre, mais de nouveau au fond, histoire qu’il soit facile de s’éclipser si cela s’avérait nécessaire.

Orchestration réduite, danse et théâtre d’ombres

Lorsque nous arrivons à nos strapontins, tout de suite l’Aîné remarque « Il y a vraiment beaucoup de musiciens ! Je crois plus de 70 ! ». Ce sont les chaises et les pupitres qui sont nombreux sur scène, pas encore les musiciens. Néanmoins, lorsque quelques minutes plus tard l’Orchestre National de Lyon s’installe pour un dernier accordage, je compte rapidement les têtes … il y en facilement 60 ! En effet, L’Oiseau de feu a été écrit pour un orchestre complet de près de 90 musiciens : ici ils joueront en « orchestration réduite ».

En même temps que le chef d’orchestre Quentin Hindley arrivent sur scène le prince Ivan, la princesse et l’oiseau de feu. Les trois personnes sont incarnés par des membres de la troupe du Teatro Gioco Vita,  spécialiste de la danse et du théâtre d’ombre.

l'Oiseau de feuL’originalité de cette représentation réside dans les multiples écrans sur scène. Un grand en fond de scène, en partie déplacé durant le spectacle, un plus petit, dans un cerceau, tenu par les acteurs sur le devant. L’autre originalité est de projeter les ombres non seulement depuis l’arrière de l’écran, grâce aux lumières de fond de scène, mais aussi côté salle, grâce à des lumières tenues par les marionnettistes. Et dans ce dernier cas, nous avons le plaisir de voir les silhouettes réalisées par Nicoletta Garioni et tenues en mains par les trois artistes. Elles sont superbes, finement ciselées et resplendissantes de lumières et de couleurs, particulièrement celle de l’oiseau !

Une mise en scène rythmée

L’heure de spectacle présente peu de temps morts. Notre attention est happée par les trois danseurs-marionnettistes, les silhouettes des différents personnages (aux trois déjà présentés il faut bien sûr ajouter Kachtcheï le terrible sorcier, aux yeux de feu !), les jeux entre avant et arrière des écrans et bien sûr les changements d’écran. Peut-être la romance a-t-elle manqué de faire perdre l’attention aux enfants mais rapidement l’arrivée du terrrrrrrible sorcier, l’accélération du rythme, le combat de l’oiseau de feu les ont captivés !

Le final est splendide, la musique de Stravinski et le jeu de la troupe du théâtre s’accordant à merveille pour nous faire vibrer jusqu’au bout des doigts. Nous ne voulons qu’une chose, passé le dernier accord : « encore ! »

Le spectacle est annoncé pour les 7 ans et plus. L’Aîné n’a que 6 ans mais comme il a souvent écouté Élodie Fondacci raconter l’Oiseau de Feu, nous étions en terrain connu. En sortant il avoue avoir préféré Pierre et le Loup au printemps dernier. Deux jours plus tard en en reparlant il garde malgré tout un très beau souvenir de ce spectacle, c’est donc gagné ! Et devinez quel a été son personnage préféré …. Le sorcier évidemment !

La collaboration avec les Musées Gadagne

l'Oiseau de feuEn ce début d’année, j’ai pu brièvement interroger Arnaud Broville, responsable de la programmation Jeune Public, au sujet de ce spectacle. C’est par les Musées Gadagne que l’Auditorium est entré en contact avec la compagnie Teatro Gioco Vita. La plus grande difficulté pour la troupe a été d’adapter leur scénographie à la scène semi-circulaire et très ouverte de l’Auditorium, car les marionnettistes ont plus l’habitude des petites scènes rectangulaires des théâtres, fermées sur les côtés. Le défi a été relevé avec brio !

Les Musées Gadagne se sont aussi investis dans la manifestation. En effet, c’est l’un de leurs guides-conférenciers qui est venu avant le concert présenter au jeune public les différents théâtres d’ombre de par le monde !

Pour tout savoir du théâtre d’ombres, son histoire, ses techniques, n’hésitez pas à vous rendre aux Musées Gadagne, pour jeter un œil aux collections de marionnettes du monde entier, et vous renseigner sur les ateliers, spectacles et visites pour les gônes et fenottes !

Et pour faire découvrir l’Oiseau de feu aux enfants :

L’Oiseau de feu, raconté par Elodie Fondacci, éditions Gautier-Languereau
L’Oiseau de feu, raconté par Sophie Human, éditions Actes Sud junior (plutôt en bibliothèque)

Copyright des visuels : (c) Roberta Cavalieri
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3 albums à écouter à Noël avec les enfants

C’est la même question chaque année : que va-t-on faire écouter aux enfants à Noël ? Entre chansons traditionnelles et musiques originales, les Petits Mélomanes conseillent trois albums qui ont chatouillé leurs oreilles et même fait bouger leurs pieds.

Le Loup de Noël : grand froid et musique folk

Le loup de NoelAvec ce conte venu du Québec, on a juste envie de s’enrouler dans une couverture, confortablement installé au bord de la cheminée… Il faut dire que l’histoire tragi-comique de Maître Griboux, vieux loup affamé qui débarque au beau milieu de la messe de Noël, a de quoi fasciner. Mais l’album n’est pas fait pour garder les enfants calmes, bien au contraire. Il réunit aussi 12 titres pour faire la fête, au son folk du groupe québécois Bon Débarras.

 

Le Loup de Noël, de Claude Aubry, narration de Michel Faubert, musique de Bon Débarras, éditions La Montagne Secrète

Marcel le Père Noël : conte swag et reggae

Marcel le pere noelMarcel, c’est un Père Noël un peu blasé, dépassé par la technologie, qui rencontre un petit livreur de pizza le soir de Noël… Leurs aventures sont joyeusement mises en musique par Merlot, qui n’en est pas à son premier projet pour la jeunesse. Mixant les styles, il propose des musiques variées, du reggae au blues, en passant par la plus classique chorale de Noël. On accroche bien avec ces mélodies entraînantes, qui changent un peu de Petit Papa Noël (même si on l’aime bien quand même celui-là…). Le texte, rimé, proche du slam, est plein d’humour et de références contemporaines. Reste à expliquer « swag » au Grand…

Marcel le Père Noël, de Merlot, musique de Cedryck Santens, narration de Reda Kateb

Chansons pour fêter Noël : chansons d’ailleurs et classiques revisités

chansons pour fêter noelQuand l’éditeur Didier jeunesse puise dans son catalogue, on est plutôt serein sur le résultat. Et là encore, on pourra passer sans se lasser le cd qui réunit des 10 chansons : des comptines de Noël dans d’autres langues (italien, allemand, polonais), des créations (Nathalie Tual) et des reprises de tubes, comme Noël Jazz. Pas de crainte, Petit papa noël est là aussi, dans une sympathique adaptation blues. Le tout illustré pour les petits dans un album cartonné. Bref, si vous en avez assez des chorales, c’est un album à hauteur d’enfant qui varie suffisamment les univers pour garnir la playlist du réveillon.

Chansons pour fêter Noël, de Nathalie Tual, Weepers Circus, Hervé Suhubiette… , éditions Didier Jeunesse

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La véritable histoire de l’apprenti sorcier

la véritable histoire de l'apprenti sorcierMagiciens, sorcières et revenants, c’est de saison ! On s’est donc laissé emporter par l’univers de La Véritable histoire de l’apprenti sorcier, un nouvel album de l’éditeur Didier jeunesse, avec la musique de Paul Dukas, et bien plus encore !

Quatre enfants se rejoignent au pied d’une montagne. Parmi eux, un seul sera choisi pour devenir l’apprenti du magicien Alto Incantador. Les épreuves peuvent commencer…

Loin de Fantasia

Dans l’imaginaire collectif, l’Apprenti sorcier est incarné par un Mickey affolé aux prises avec des balais obtus, une séquence de Fantasia qui a considérablement contribué à faire connaître la musique de Paul Dukas. Jean-Pierre Kerloc’h, adaptateur entre autres chez Didier Jeunesse du Magicien d’Oz, de La flûte enchantée ou encore d’un génial Peter Pan, a pris des libertés avec le poème d’origine de Goethe. Brodant autour de la thématique de la sorcellerie, il a imaginé une quête initiatique un peu sombre, portée par le mal, l’inconnu et la mort. En passant, il convoque l’imaginaire russe avec l’épisode central de la Baba Yaga et de sa maison sur pattes de poulet, puis revient à Goethe dans une ultime pirouette. Le tout est raconté par Natalie Dessay, toujours convaincante, parfois habitée. Et si sur la couverture de l’album on trouve le sous-titre « une initiation à la musique classique », c’est qu’on est bien chez l’éditeur Didier Jeunesse, et que toute thématique est (bon) prétexte à exploration musicale.

Un voyage initiatique au cœur du romantisme

La bande son de l’album ne se limite pas à la musique de Dukas, mais chemine à travers le 19e siècle et un petit bout du XXe, avec des thèmes plutôt séduisants, dynamiques et parfois jubilatoires. Par exemple, pour en revenir à nos balais, leur marche cadencée monte en puissance tandis que les gammes des violons déversent des trombes d’eau. Dans la même idée, les tourbillons de la Danse Macabre sont plus entêtants que terrifiants, avec une touche d’humour grinçant. David Pastor, qui a assuré la direction artistique de l’album, précise que le but était moins de faire peur que de faire découvrir un univers déjà présent dans la musique classique. “Les compositeurs romantiques se sont beaucoup penchés sur la magie noire” retrace le corniste, directeur artistique de l’Ensemble Agora. C’est qu’ici on est aux prises avec des émotions puissantes et fondatrices, comme la peur de l’inconnu. Il évoque les grands crescendos d’orchestre,  qui font monter la tension, l’inquiétude, la peur, concluantr “la musique classique est très sincère avec ces émotions-là”.

La magie de la musique

Si la quête initiatique des quatre enfants ne fait pas peur, notamment car le moment de tension dramatique, la rencontre de la Baba Yaga, est traité avec humour, l’équilibre entre la musique et le texte a l’immense intérêt de nourrir l’imaginaire enfantin. Des quatre épisodes, deux sont racontés, deux autres sont laissés à la musique. Dans les différents morceaux, on est toujours dans une logique à la Pierre et le loup, des phrases musicales ou groupes d’instruments incarnant des personnages ou des objets (cloches, eau…). C’est ce qui permet à l’enfant de comprendre la musique et de s’y intéresser intellectuellement. En parallèle, l’intensité émotionnelle entraîne l’enfant un degré plus loin, vers l’abstraction. Et la thématique s’y prête particulièrement bien, au coeur de la fascination pour l’étrange et le fantastique. Un beau voyage !

La véritable histoire de l’apprenti sorcier, texte de Jean-Pierre Kerloc’h, direction artistique de David Pastor, récit par Natalie Dessay, illustrations de Rémi Saillard, éditions Dider Jeunesse.

Pour aller plus loin dans le détail de l’œuvre de Dukas, on peut faire écouter aux enfants l’épisode de l’émission (regrettée!) Klassiko Dingo qui y est consacrée.

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Marianne James : « Un album pour ouvrir grand les fenêtres, les oreilles et le coeur! »

Marianne JamesTous au lit ! C’est Marianne James qui le dit. La chanteuse aux multiples facettes poursuit l’aventure de la chanson pour enfant et retrouve Valérie Bour, sa complice des Symphonies Subaquatiques avec un nouvel opus qui sort aujourd’hui. L’occasion de lui poser quelques questions !

Quel est le point de départ du disque ? Ce n’est pas vraiment pour faire dormir les enfants…

L’envie de faire de belles et vraies chansons pour les enfants et pour les grands, sans cloison. C’est un petit pied de nez aux sempiternels albums de berceuses et de chansons enfantines… Effectivement, à part « Douce lumière », il n’y a pas de berceuse ! C’est un album pour ouvrir grand les fenêtres, les oreilles et le cœur ! Et en plus, l’album aborde avec humour un thème plutôt sérieux : le sommeil…

En quoi faire de la musique pour les enfants est-il différent de la musique pour adultes ? Avez-vous abordé le travail sur « Tous au lit » d’une manière particulière ?

Du point de vue musical, il n’y aucune différence avec des chansons pour les « grands ». Du point de vue texte, bien sûr, nous restons dans un univers pour enfant, mais là encore, pas seulement ! Il est évident qu’en « concert live », les grands et les petits puisent leur plaisir dans des références différentes, avec plusieurs niveaux de compréhension.

Dans l’album on passe d’un genre de musique à un autre, c’est très varié. Vous conseilleriez quoi comme style pour initier les enfants ?

Exactement comme pour la nourriture : de tout !!!
Un enfant qui découvre Mozart (avec l’air de Papageno et Papagena dans La Flûte Enchantée par exemple), qui demande aussi à écouter Ella Fitzgerald qui scatte… puis, osons le dire, se ravit d’écouter Tatie Jambon, c’est un enfant ouvert. Un curieux, un gourmand, qui aime la musique et l’esprit. Sans oublier l’humour, le « sel » des textes !


Tous au litTous au lit !

Tatie Jambon est dans la place ! Valérie Bour a écrit pour Marianne James un rôle sur-mesure de Super Tata baby-sitter d’un soir, la bonne humeur chevillée au corps, ou plutôt à la voix. Car de la voix il en faut pour les 11 chansons aux genres variés qui composent l’album. On y trouve en vrac de la bossa nova, du reggae ou encore un slow. Le fil conducteur de cette balade autour du coucher ? Un personnage optimiste quoique pas franchement pro de l’endormissement, qui réinvente le comptage des moutons et les histoires de princesses. Côté textes, Valérie Bour tisse malicieusement ça et là des mots comme des clins d’œil aux adultes, assurant que les « hommes sont comme des animaux ». Les petits en redemandent (mais ne dorment toujours pas) !

En live

tous au litSi vous voulez rencontrer l’équipe et vous faire dédicacer votre exemplaire, rendez-vous:

- le 26 novembre au Chat Pitre (Paris 13)
– le 3 décembre au BHV Marais

 

Tous au lit, de Valérie Bour, musique de Sébastien Buffet, interprété par Marianne James, illustrations de Soufie, Les éditions des Braques.

Photo Marianne James : © Stéphane Berthelot
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Festival Jeune public : les refrains des gamins

les refrains des gaminsPour les petits veinards du Val-de-Marne (et ceux qui ne vivent pas trop loin), le mois d’octobre est riche de concerts jeune public. C’est que c’est le moment du Festi’Val-de-Marne et de son édition pour les enfants, Les refrains des gamins. Pas courant, un festival dédié aux enfants! L’occasion rêvée pour les explorateurs de sons en herbe d’enrichir leur répertoire.

Le Festi’Val-de-Marne et les enfants

Du 1er au 16 octobre, 14 concerts jeune public sont programmés dans douze villes du Val de Marne. Il faut dire que depuis ses débuts le Festi’Val-de-Marne, lancé en 1987 sous l’impulsion de Jean Ferrat, a développé son offre de spectacles musicaux jeune public, finançant même certains projets via le fonds du festival. De quoi découvrir aujourd’hui un festival très riche qui touche tous types de publics enfantins.

Des pépites à découvrir

Nola Black Soul

Nola Black Soul le 2 octobre

Avec divers style, du jazz New Orleans au rap, en passant par l’électro-pop, et des propositions pour des enfants de 2 à 7 ans et plus, les petites oreilles sont plutôt gâtées. Alors bien sûr il y Aldebert, la star des cours de récré, pour la clôture, mais avant ça pas mal d’occasions d’aller écouter une large palette de chanteurs jeune public. L’occasion de renouveler la bande-son de retour à la maison, et de fredonner des refrains tout neufs !

Les refrains des gamins, du 1er au 16 octobre
Villes participantes : Gentilly, Vitry sur Seine, Arcueil, Sucy-en-Brie, Ivry-sur-Seine, Champigny-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois, Vincennes, Chevilly-Larue, Arcueil, Rungis, Cachan.

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